lundi 10 mai 2021

Emilienne Malfatto gagne le Prix Goncourt du Premier roman 2021

Que sur toi se lamente le Tigre (Elyzad) est un premier roman paru lors de la rentrée littéraire 2020.

L'Académie Goncourt a révélé ses lauréats du printemps. Le Prix Goncourt du premier roman distingue Emilienne Malfatto pour Que sur toi se lamente le Tigre, paru en septembre 2020 chez Elyzad, éditeur tunisien qui reçoit ici son plus important littéraire.

Dans l'Irak rural d'aujourd'hui, sur les rives du Tigre, une jeune fille franchit l'interdit absolu : hors mariage, une relation amoureuse. Le garçon meurt sous les bombes, la jeune fille est enceinte : son destin est scellé. Alors que la mécanique implacable s'ébranle, les membres de la famille se déploient en une ronde d'ombres muettes sous le regard tutélaire de Gilgamesh, héros mésopotamien, porteur de la mémoire du pays et des hommes. 

Le court roman rappelle à une tragédie antique mais il s'agit d'un drame contemporain, dans l'Irak contemporain. Il se déroule dans le temps d'une journée dont l'issue est inéluctable. Dans la maison familiale qui se referme comme une prison, bientôt une tombe. La jeune fille n'en sort que pour se rendre à l'hôpital afin qu'on lui confirme sa grossesse. Accompagnée de sa belle-soeur, car il aurait été "contraire à la pudeur" qu'elle sorte seule. Le médecin lui demande si elle a un endroit où fuir, mais où irait-elle ?

Il s'agit d'un récit choral. Tour à tour, chaque membre de la famille dit son sentiment sur le drame attendu. Baneen, la femme d'Amir le frère aîné, qui arbore fièrement son ventre rond, légitime lui.

Emilienne Malfatto, photojournaliste indépendante spécialiste du Moyen-Orient,  a aussi été en lice pour le prix Régine Deforges, le prix Hors Concours des lycéens, le prix Hors Concours et le prix Vleel. L'auteure publie un essai d'investigation le 3 juin, Les serpents viendront vers toi (Les Arènes). 


 

Vincy Thomas, “Le Prix Goncourt du Premier roman 2021 pour Emilienne Malfatto”, Le Monde, Littérature [article], publié le 4 mai 2021. Disponible sur: 

https://www.livreshebdo.fr/article/le-prix-goncourt-du-premier-roman-2021-pour-emilienne-malfatto

Valérie Oddos, “"Que sur toi se lamente le Tigre" : Emilienne Malfatto plonge au cœur de la tragédie du crime d'honneur dans une famille irakienne”, Franceinfo, Culture[article], publié le 21 avril 2021. Disponible sur:

https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/roman/que-sur-toi-se-lamente-le-tigre-emilienne-malfatto-plonge-au-coeur-de-la-tragedie-du-crime-d-honneur-dans-une-famille-irakienne_4379595.html

lundi 3 mai 2021

Sophie Mainier, directrice de la galerie Mouvements modernes parle de la passion d’être galeriste

 

Dans la galerie de Mouvements modernes, Sophie Mainier aime faire dialoguer les styles et les époques. Avec le souci constant d’établir une relation directe.

Il en faut beaucoup pour enlever à Sophie Mainier son sourire radieux. La directrice de la galerie Mouvements modernes garde son optimisme et son pragmatisme légendaires. Alors qu’elles peinent à attirer le public comme les clients dans leurs cubes blancs, le plus souvent déserts.

Sophie Mainier a depuis longtemps fait le choix de la flexibilité. Par « ennui du lieu permanent », elle a pris le parti de ne pas avoir d’adresse fixe et de changer d’espace en fonction de chaque projet. En ce moment, elle reçoit en duo avec le décorateur et designer Hervé van der Straeten dans sa galerie du Marais.

Sophie Mainier, a toujours aimé collaborer avec d’autres pro­fessionnels et parie sur un esprit plus collectif dans l’avenir.

Contact direct avec les collectionneurs

Mainier s’apprête à révéler des nouveaux talents, dont la créatrice de mode Vanessa Seward, dans un autre lieu parisien. Elle dévoilera ses premières toiles autour de la féminité. Parallèlement, cette bricoleuse, passionnée par les procédés de fabrication, travaille à l’édition limitée de plusieurs pièces de design contem­porain. 

A 42 ans, Sophie Mainier a su se faire sa place dans un marché encore très masculin. « Etre une femme dans ce métier est une force », « En tant que femmes, nous apportons un regard différent et sûrement plus de sincérité dans les rapports humains. »

Malgré la vente à distance et les plateformes numériques, où elle a récemment organisé une exposition, ce métier nécessite un contact direct avec le public et les collectionneurs. « Nous faisons un métier de transmission qui passe par l’échange. Ne pas avoir un espace permanent nous pousse à aller vers nos clients sans attendre qu’ils viennent à nous. Nous procédons régulièrement à la présentation de pièces chez nos collectionneurs, qui sont ravis de visualiser les œuvres dans leurs intérieurs. » Une démarche qui s’accorde avec un désir d’engager un nouveau type de discussions autour d’une œuvre, de manière plus personnelle et plus intime, loin des regards et de la frénésie spéculative.

Marion Vignal, “Entre galeriste, c’est être passionné, sinon ça ne vaut pas le coup : Sophie Mainier, directrice de la galerie Mouvements modernes”, Le Monde, Arts [article], publié le 30 avril 2021. Disponible sur: 

https://www.lemonde.fr/m-styles/article/2021/04/30/etre-galeriste-c-est-etre-passionne-sinon-ca-ne-vaut-pas-le-coup-sophie-mainier-directrice-de-la-galerie-mouvements-modernes_6078668_4497319.html